Le manque de diversité dans les médias visuels québécois [Entrée 4]

On le sait, les médias sont influents. Ceux-ci font partie de notre quotidien et nous imprègnent de messages divers. Cette semaine, je souhaite m’attarder sur un aspect positif de nos médias, car il doit bien y en avoir quelques uns, non?

Je vais parler de l’acceptation de la communauté LGBT (ou du moins LGB) dans la société québécoise. Cette acceptation est en partie dû à nos médias. Prenons l’exemple de cette série culte des années 90 intitulée La Petite Vie (pour mes collègues étrangers, il s’agit d’une satire d’une famille québécoise ouvrière moyenne). Un des personnages secondaires, Jean-Lou, est ouvertement gai et le personnage de Pôpa a beaucoup de difficulté à le supporter contrairement au reste de la famille. Puis, Jean-Lou présente son amoureux : Mr. Bricole alias l’idole de Pôpa. Pôpa est évidemment surpris, mais Mr. Bricole reste son idole et à partir de ce moment, il accepte un peu plus Jean-Lou, car il se dit que ce dernier n’est pas une mauvaise personne si Mr. Bricole le côtoie.

De nos jours, on retrouve un peu plus de personnages de la communauté LGBT dans nos séries. On peut nommer la série Cover Girl (2005) où les personnages principaux étaient des drag queens. Le personnage de Steve dans les Invincibles (2005-2009) était bisexuel, dans Tout sur moi (2006-2011), l’un des membres du trio, Éric, est gai et présentement dans Série Noire, Judith est en relation avec sa meilleure amie à elle.  Et c’est sans parler des personnalités comme Dany Turcotte, Alex Perron, Arianne Moffatt, Joël Legendre, pour ne nommer que ceux-là.

Cependant, avec le débat de la Charte de la Laïcité (ou peu importe le nom qu’elle porte aujourd’hui), on peut se poser cette question : où sont nos ethnies sur nos écrans? Cette question est encore plus dérangeante quand on examine nos séries et nos films qui se déroulent à Montréal. Bien sûr, nous avons bien Normand Brathwaite comme personnalité. Il y a également Didier Lucien qu’on voit de temps à autre. Il y a aussi quelques humoristes tels que Rachid Badouri, Sugar Sammy, Boucar Diouf, Nabila Ben Youssef et Adib Alkhalidey, mais ils ne composent qu’une très petite minorité de l’offre qui nous est proposée (d’ailleurs, je crois que j’ai nommé les plus connus). Nous avons bien aussi quelques chroniqueurs ou journalistes comme Rima Elkouri et Pascal Robidas.

Il peut y avoir une petite explication culturelle. Boucar Diouf, par exemple, avait déjà mentionné qu’il n’a rien dit sur son métier d’humoriste à sa famille qui vit toujours au Sénégal, car là-bas les artistes, les troubadours, sont mal vus et il ne souhaitait pas briser le cœur de son père. Les immigrants de première génération ne sont peut-être guère intéressés à jouer les comédiens, mais qu’en est-il des enfants d’immigrants, la deuxième génération qui a été élevée dans cette culture québécoise et qui se considèrent justement comme québécoise? S’ils veulent devenir acteurs, il serait probablement bien de montrer que s’ils sont noirs, latinos, arabes, on ne va pas automatiquement les coincés à des rôles de membres de gangs de rues. Quand tu as un trait qui te démarque de la masse (un nom, la couleur de ta peau, un accent, un signe ostentatoire) et que ta meilleure (sinon unique) chance pour décrocher un rôle à la télé québécoise est de passer une audition pour 30 vies, il y a quelque chose qui cloche, non? Je vais changer de pays, mais le principe reste le même. Enfant, Whoopi Goldberg a décidé de devenir actrice quand elle a découvert Uhura dans Star Trek. Pour elle, c’était une révolution. Pour la première fois, elle voyait un personnage féminin de race noire qui était autre chose qu’une domestique dans une émission, un film.

Cela fait un peu mal à l’égo québécois quand on sait que le Canada anglais a déjà produit une série dans laquelle l’histoire se centrait sur une mosquée quelque part dans la prairie canadienne (je ne souviens toutefois plus du titre). Ou encore, fait encore plus frais : pour la version canadienne anglaise de 19-2, le personnage de Ben est interprété par Jared Keeso.

Qu’on se comprenne, un bon scénario reste un bon scénario, mais quand l’histoire se déroule dans une ville comme Montréal, il serait intéressant d’avoir plus de diversité dans les rôles principaux et secondaires pour refléter une réalité et ainsi ouvrir les esprits face aux différentes communautés ethniques que nos côtoyons. Évidement, en région, la diversité est plus ou moins présente selon la localité. En augmentant la diversité sur nos écrans et en cassant les stéréotypes, peut-être réussirons-nous à diminuer nos préjugés face à l’« Autre »  comme nous l’avons fait avec la communauté LGBT.

Sur ce, je vous laisse sur ce slam de Queen Ka intitulé 2e génération.

Advertisements

La mort [Entrée 3]

Et oui, pour cette semaine, j’ai choisi la mort comme sujet. Je tiens à préciser toutefois que ce billet se basera uniquement sur des expériences personnelles liées au décès de personnes dans ma famille. C’est un billet coup de gueule comme on peut les appeler et je préfère en parler parce que d’autres vivront ou ont déjà vécu des situations similaires.

J’ai appris la mort de mon grand-père paternel via Facebook. Une de mes cousines s’était échappée et avait écrit sur son mur « Repose en paix Grand-papa C. ». J’avoue que je n’étais pas très proche de celui-ci, mais cela restait mon grand-père et j’avais été quelque peu blessée de l’apprendre ainsi. Ma sœur l’a également su par Facebook et son premier réflexe fut d’appeler notre mère. Elle l’a rejointe sur son cellulaire alors qu’elle et deux de ses sœurs arrivaient devant la porte de leur mère pour lui annoncer la nouvelle. Imaginez la situation si ma sœur avait plutôt appelé notre grand-mère pour offrir ses condoléances avant même que celle-ci ait été au courant de la mort de son propre mari.

Parlant d’offrir ses condoléances, une visite, un coup de téléphone ou une carte envoyée par la poste valent mille fois mieux qu’un vulgaire courriel ou message privé À MOINS que vous ayez pris le temps de développer votre message. Je comprends que le deuil est intimidant pour ceux qui n’en ont pas encore fait l’expérience, mais cela fait du bien pour l’être endeuillé d’en parler ou même de se changer les idées. Et de grâce, de grâce, évitez la question la plus niaiseuse à poser à quelqu’un qui vient de perdre un proche. Évitez de demander « Ça va? ». Vous avez été prévenus.

C’est marrant, dans la semaine qui avait suivi la mort de mon père, il y a maintenant un an et demi, j’avais défoulé toute ma colère contre le décès au temps des médias sociaux en écrivant dans Notepad tout ce qui me passait par la tête et je suis retombée sur le document texte. De un, ce document est la preuve qu’il ne faut rien publier à chaud et de deux, j’évoque le fait que lorsqu’on a cinquante ans passés, on reçoit une vingtaine de coups de téléphone de personnes nous offrant leurs condoléances. Ce chiffre tombe en dessous de cinq quand on est dans la vingtaine. Par contre, sur Facebook, le nombre de commentaires de condoléances peut dépasser la centaine.

On s’entend, le commérage n’a rien de nouveau, mais avec les médias sociaux, la rumeur se répand de manière exponentielle. Abstenez-vous donc d’annoncer la mort de quelqu’un sur un média social surtout quand le cadavre est encore tiède. Laisser à la famille le temps de digérer la nouvelle et d’en aviser ceux qui leur sont chers. C’est un processus pour la famille en deuil, et c’est une étape qui soulage un peu. Quand mon père est décédé, ma mère a téléphoné à la famille proche avant de passer aux amis de longues dates. L’appel pouvait durer cinq minutes comme il pouvait durer une demi-heure. Puis, elle est tombée sur une bonne amie qui avait déjà été mise au courant par la voisine. Cette dernière voulait bien faire, mais c’est frustrant  qu’une personne avait qui on possède un lien privilégié en soit informé par d’autres qui ne font pas partie de la famille proche.  Quand la nouvelle est rendue officielle par la famille, là, vous pouvez vous lâchez lousse. C’est sûr, vous n’aurez pas le scoop du village, mais au moins vous aurez fait preuve de respect envers la famille endeuillée. J’avoue que dans le cas de mon père, il était quelqu’un de connu par sa communauté et dans le milieu dans lequel il œuvrait. La preuve, la file au salon funéraire faisait deux cents mètres. D’ailleurs, brisons donc un mythe par rapport à cet endroit : cela existe des ambiances joyeuses au salon funéraire. Cela dépend des circonstances de la mort, j’en conviens, mais les gens se parlent et on en entend des vertes et des pas mûres concernant le mort. On revoit des gens qu’on avait perdus de vue, c’en est presque festif par moments. Si vous ne connaissez pas la personne exposée, mais connaissez un des membres de la famille proche, faites toute de même un petit saut au salon, ne serait-ce que pour dire « Bonjour » à votre ami. Parce que trois heures debout à serrer des mains d’une majorité que tu connais à peine, c’est long.

Bref, la prochaine fois que vous apprenez la mort de quelqu’un, usez de votre bon sens et gardez-vous une gêne, car, un jour, se sera vous la personne endeuillée.

L’illusion du choix [Entrée 2]

La Seconde Guerre mondiale est terminée. Le monde entre dans le post-modernisme et c’est le début de la société de consommation. Un cercle vicieux se forme. L’individu travaille pour alimenter le système qui en retour lui créer du divertissement et soulage un peu son quotidien pour lui donner envie de travailler encore plus pour pouvoir se payer ce que le système lui propose, lui vend, lui fait rêver d’avoir.

schema1

Or, maintenant qu’Internet fait partie de nos vies, avons-nous réussi à briser ce cercle vicieux? J’en doute.

Certes, les créateurs et les gens de pensée ont facilement accès à une plateforme pour diffuser leur matériel, leur vision, leur opinion. Ils n’ont pas besoin d’attendre la permission des médias dits traditionnels (bien sûr, il y avait une alternative avant l’avènement d’Internet, et c’était les radios pirates). Tout de même, Internet, mais surtout les médias sociaux ont contribué à quelques évènements comme le printemps arabe,  Occupy Wall Street et la grève étudiante de 2012.

Le plus connu des médias sociaux est Facebook. Comment ce site a-t-il réussi à s’imposer comme chef de fil? Simplement parce que les gens demandaient à leurs amis, à leurs contacts : « As-tu un compte Facebook? ». On pourrait presque faire un parallèle entre cette phrase et les écouteurs blancs d’Apple. Pour faire partie du groupe, pour être « in », il faut qu’on ait un compte Facebook. Avant, il y avait eu MySpace, mais cela était centré pour les jeunes et était de moins grande envergure. Facebook toutefois réussit à attirer d’autres clientèles : les adultes, mais aussi les compagnies. Quel fabuleux outil de marketing! Même les vedettes doivent avoir leur compte Facebook ou mieux, un compte Twitter, un site de réseautage où les messages doivent être courts, c’est-à-dire 140 caractères ou moins en incluant le mot-clic. Plutôt restrictif si on voulait développer notre pensée, non? Et pourtant, c’est accrocheur.

Mais revenons donc à l’individu ordinaire. On (se) filme, on prend des photos ou des égoportraits. On les partage. Dans quel but? Informer les autres, mais sur quoi? Notre vie? Regarder, j’y étais. Regarder, j’ai fait telle chose aujourd’hui. Regarder ce que je mange. Regarder cette vidéo que j’ai trouvée drôle. Aller sur ce lien, c’est important. Signer cette pétition, faut changer le monde. Partager si cela vous touche.

Il y aussi le fait qu’on est à l’ère du viral. Faites une connerie, un truc hilarant, un truc qui choque ou un truc avec des chats et en un instant vous pouvez être célèbre. On vend encore le rêve, celui que pour être considéré comme quelqu’un, il faut être connu, carburé aux nombres de « visionnements », d’ « amis », de « followers ». Si tu es connu, tu es quelqu’un d’important. Il est vrai que les caméras vidéo sont de plus en plus abordables. Même les appareils photo et les cellulaires peuvent maintenant faire cette job. Parlant de cellulaires, les modèles intelligents nous permettent de rester connecter même lorsqu’on sort dehors. Après tout, il ne faut pas manquer le scoop et être la dernière personne à être mise au courant.

Il faut mentionner que lorsque l’individu a accès à l’Internet et donc, à des informations et ces dernières peuvent varier en terme de validité. Aussi, une idée dominante, populaire, n’est pas toujours synonyme de « bonne » idée. Sur un sujet donné, on peut vérifier ce qu’en pense tel habitant de tel pays, s’il n’y a pas la barrière de la langue et si on connaît le contexte.

Mais il n’y a pas que les individus. Les compagnies aussi profitent du World Wide Web pour obtenir des données.  Nous partageons des informations, parfois très personnelles. Les « cookies » que notre ordinateur collecte permettent par exemple à Facebook, Google et Youtube de nous suggérer des liens plus que d’autres. Il existe même une fonction appelée géolocalisation qui permet de situer approximativement l’utilisateur. Et selon votre coin de pays, le contenu peut être bloqué pour des raisons de droits d’auteur, de licence.

Internet reste un outil intéressant pour l’individu puisqu’il sert à la communication, alors que les sites qu’il héberge sont des objets de consommation.

Patate Chaude no1

Un peu comme l’expression le suggère, quand je publie une patate chaude, il s’agit en fait d’un lien vers un article, une chronique ou une vidéo pour provoquer une discussion. Bien sûr, vous en faites ce que vous en voulez.  Vous pouvez y jeter un oeil ou pas. Réagir ou pas. L’objectif est surtout pour créer une banque potentielle de sujets variés.

Aujourd’hui, je vous guide vers cette chronique de Marc-André Lussier. Il réagit au rapport 2013 de la Cinéac intitulé « Hégémonie incontestable du cinéma américain au Québec en 2013 ». Quelle belle coïncidence, on avait traité d’hégémonie au cours, ce matin.