On jase [Entrée 8]

Réaction à Parlons québécois un peu.

Pourquoi ne pas utiliser les termes existant en français? 

Je réplique avec cette question : pourquoi utilisons-nous soixante-dix, quatre-vingt et quatre-vingt-dix alors que septante, huitante et nonante existaient (et existent toujours) dans la langue française?

On emprunte et modifie des mots anglais, c’est un fait. On sait pertinemment que les Québécois ne sont pas les seuls à le faire. Les Français aussi se mettent de la partie, l’incohérence, cependant, est que contrairement à nous, vous n’êtes pas uniquement encerclé par des anglophones. Cela doit être parce qu’une langue évolue, non? D’ailleurs, on estime que 50% des mots de la langue anglaise ont une origine francophone. Cet échange s’est produit suite à la victoire de Guillaume le Conquérant.

Il fut une époque où, au Québec, l’Anglais était le boss des bécosses. Le Canayen, lui, était relégué à la classe ouvrière. Évidemment, le Canayen entendait les mots anglais. Il gardait les mots courts comme « Check » et « Go », mais déformait les mots ou les expressions anglaises qui étaient plus longs (par exemple, enfirouaper est une déformation de « In fur wrapped »).

Avec l’industrialisation, l’apparition de l’automobile, de nouveaux mots surgirent et les traductions ont mis énormément de temps à apparaître. Conséquence, le terme anglais était trop bien implanté pour être délogé. Malgré tout, le terme français existe et même si le peuple ordinaire ne l’utilise pas, il sera employé dans les documents officiels.

Aujourd’hui, avec la mondialisation, mais surtout avec l’arrivée de l’Internet, les échanges culturels se sont amplifiés. Régulièrement, des néologismes apparaissent (généralement en anglais puisqu’il s’agit de LA langue commerciale). Les linguistes francophones doivent se tenir au courant et proposer rapidement une traduction avant que le terme anglais ne devienne omniprésent. Ainsi, courriel a réussi à s’imposer alors que créacollage (ou collimage) a échoué. Récemment, l’égoportrait a fait son entrée officielle dans les néologismes francophones. Reste à savoir si les gens – les jeunes notamment – l’adopteront.

« Ce dont il faut surtout se rendre compte, c’est que la richesse d’une langue, c’est sa capacité de répondre aux besoins expressifs de ses locuteurs; c’est l’abondance de ses mots sans doute, mais aussi et surtout leur flexibilité, leur aptitude à construire des significations multiples, à exprimer la réalité dans toute sa complexité. » Mots pratiques, mots magiques – Noëlle Guilloton.

Et pour le plaisir,

http://www.dictionnaire-quebecois.com/

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