L’image de la femme et son rôle dans les médias de divertissement [Entrée 9]

Image

Rien de tel qu’une inversion de rôles pour bien illustrer un des problèmes. Est-ce une exagération? J’aimerais bien répondre oui, mais les illustrations où la femme est posée de manière à montrer ET ses seins ET ses fesses (pose très douloureuse quand on réussit à la réaliser) sont très communes.  Ça et le costume très moulant sinon minimaliste. Je vous laisse deux sites qui se spécialisent à trouver les perles visuelles que  les jeux vidéo, les bandes dessinées et les dessins animées créent.

Escher girls | Repair her armor

Et je vous rajoute un autre lien pour montrer qu’une véritable armure est tout sauf encombrante. Après tout, les hommes en ont souvent une, mais apparemment pour les femmes, ce n’est pas pratique. (Peut-on également mentionner que le boobplate met en danger la vie de celle qui le porte pendant un combat?) Ou devrait-on dire que ce n’est pas pratique pour l’homme qui veut regarder la femme quand celle-ci est toute vêtue.

(Pour Judith, ne vous inquiétez pas. On peut récupérer son armure plus tard dans l’aventure comme costume alternatif, mais il en demeure pas moins que ses vêtements par défaut sont ceux que vous avec vu dans la vidéo).

Oui, mais les jeux vidéo et les bandes dessinées sont créés pour les garçons. 

Dans l’imaginaire de la société, une fille ne peut pas être geek. Ça n’existe pas, mais qu’est-ce qu’un geek? Je crois que l’Agenda du Geek nous offre la définition la plus appropriée et qui va comme suit :

[U]n geek est avant tout quelqu’un de passionné qui a l’esprit ouvert, un penchant pour l’imaginaire ainsi qu’un goût prononcé des nouvelles technologies et qui aime partager ces passions.

Donc, pour revenir aux faits, 46% des gameurs sont des femmes. Le pourcentage est pratiquement le même pour les fans de BD. Mais on s’en moque. Récemment, une série animée intitulée Young Justice fut annulée parce qu’elle attirait un auditoire autre que celui visé. Des garçons, des hommes adultes qui regardent My Little Pony, c’est révolutionnaire, mais des filles qui s’intéressent aux bandes dessinées et/ou aux jeux vidéos sont aussitôt dénigrées comme étant de fausses fans et qu’elles font cela uniquement pour attirer l’attention (ou subissent quelques désagréments quand elles vont en ligne).

Mais revenons donc sur les personnages fictifs féminins. Qu’en est-il de l’individu en tant que tel? Est-ce que la fille est une coquille vide exposée pour le plaisir visuel de la gente masculine? Est-ce qu’elle ne sert que de faire-valoir au héros? Est-ce qu’elle est vide parce que, de toute façon, elle sera kidnappée/tuée pour faire évoluer le héros?

Comme on l’a mentionné en classe, bien souvent, si elle agit, les actions qu’elle pose ne causent que de nouveaux problèmes ou sont tout à fait inutiles à l’intrigue principale.

Pour les films, il y a un test appelé le test de Bechdel et qui consiste en trois petites règles toutes simples.

  1. Il doit y avoir au moins deux personnages féminins nommés.
  2. Une conversation (c’est à dire un échange de répliques) entre deux personnages féminins.
  3. Et l’homme/le héros ne doit pas être le sujet de cette dite conversation.

En 2012, un peu plus de la moitié réussissaient le test. C’est déjà ça de pris même si l’industrie pourrait faire mieux. Aussi, c’est un test qui ne s’intéresse qu’aux répliques. Il ne questionne pas si le(s) personnage(s) féminin(s) pose(nt) des gestes positifs qui aident le héros dans sa quête.

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Note: On s’entend qu’il existe certains contextes de scénario où la femme ne peut pas vraiment être intégrée à l’histoire (un film se déroulant dans une prison pour hommes, par exemple) et dans ces cas-là, c’est excusable.

Sur ce, je vous laisse sur cette BD qui est apparue dans mon fil de nouvelles sur Tumblr.

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On jase [Entrée 8]

Réaction à Parlons québécois un peu.

Pourquoi ne pas utiliser les termes existant en français? 

Je réplique avec cette question : pourquoi utilisons-nous soixante-dix, quatre-vingt et quatre-vingt-dix alors que septante, huitante et nonante existaient (et existent toujours) dans la langue française?

On emprunte et modifie des mots anglais, c’est un fait. On sait pertinemment que les Québécois ne sont pas les seuls à le faire. Les Français aussi se mettent de la partie, l’incohérence, cependant, est que contrairement à nous, vous n’êtes pas uniquement encerclé par des anglophones. Cela doit être parce qu’une langue évolue, non? D’ailleurs, on estime que 50% des mots de la langue anglaise ont une origine francophone. Cet échange s’est produit suite à la victoire de Guillaume le Conquérant.

Il fut une époque où, au Québec, l’Anglais était le boss des bécosses. Le Canayen, lui, était relégué à la classe ouvrière. Évidemment, le Canayen entendait les mots anglais. Il gardait les mots courts comme « Check » et « Go », mais déformait les mots ou les expressions anglaises qui étaient plus longs (par exemple, enfirouaper est une déformation de « In fur wrapped »).

Avec l’industrialisation, l’apparition de l’automobile, de nouveaux mots surgirent et les traductions ont mis énormément de temps à apparaître. Conséquence, le terme anglais était trop bien implanté pour être délogé. Malgré tout, le terme français existe et même si le peuple ordinaire ne l’utilise pas, il sera employé dans les documents officiels.

Aujourd’hui, avec la mondialisation, mais surtout avec l’arrivée de l’Internet, les échanges culturels se sont amplifiés. Régulièrement, des néologismes apparaissent (généralement en anglais puisqu’il s’agit de LA langue commerciale). Les linguistes francophones doivent se tenir au courant et proposer rapidement une traduction avant que le terme anglais ne devienne omniprésent. Ainsi, courriel a réussi à s’imposer alors que créacollage (ou collimage) a échoué. Récemment, l’égoportrait a fait son entrée officielle dans les néologismes francophones. Reste à savoir si les gens – les jeunes notamment – l’adopteront.

« Ce dont il faut surtout se rendre compte, c’est que la richesse d’une langue, c’est sa capacité de répondre aux besoins expressifs de ses locuteurs; c’est l’abondance de ses mots sans doute, mais aussi et surtout leur flexibilité, leur aptitude à construire des significations multiples, à exprimer la réalité dans toute sa complexité. » Mots pratiques, mots magiques – Noëlle Guilloton.

Et pour le plaisir,

http://www.dictionnaire-quebecois.com/