La mort [Entrée 3]

Et oui, pour cette semaine, j’ai choisi la mort comme sujet. Je tiens à préciser toutefois que ce billet se basera uniquement sur des expériences personnelles liées au décès de personnes dans ma famille. C’est un billet coup de gueule comme on peut les appeler et je préfère en parler parce que d’autres vivront ou ont déjà vécu des situations similaires.

J’ai appris la mort de mon grand-père paternel via Facebook. Une de mes cousines s’était échappée et avait écrit sur son mur « Repose en paix Grand-papa C. ». J’avoue que je n’étais pas très proche de celui-ci, mais cela restait mon grand-père et j’avais été quelque peu blessée de l’apprendre ainsi. Ma sœur l’a également su par Facebook et son premier réflexe fut d’appeler notre mère. Elle l’a rejointe sur son cellulaire alors qu’elle et deux de ses sœurs arrivaient devant la porte de leur mère pour lui annoncer la nouvelle. Imaginez la situation si ma sœur avait plutôt appelé notre grand-mère pour offrir ses condoléances avant même que celle-ci ait été au courant de la mort de son propre mari.

Parlant d’offrir ses condoléances, une visite, un coup de téléphone ou une carte envoyée par la poste valent mille fois mieux qu’un vulgaire courriel ou message privé À MOINS que vous ayez pris le temps de développer votre message. Je comprends que le deuil est intimidant pour ceux qui n’en ont pas encore fait l’expérience, mais cela fait du bien pour l’être endeuillé d’en parler ou même de se changer les idées. Et de grâce, de grâce, évitez la question la plus niaiseuse à poser à quelqu’un qui vient de perdre un proche. Évitez de demander « Ça va? ». Vous avez été prévenus.

C’est marrant, dans la semaine qui avait suivi la mort de mon père, il y a maintenant un an et demi, j’avais défoulé toute ma colère contre le décès au temps des médias sociaux en écrivant dans Notepad tout ce qui me passait par la tête et je suis retombée sur le document texte. De un, ce document est la preuve qu’il ne faut rien publier à chaud et de deux, j’évoque le fait que lorsqu’on a cinquante ans passés, on reçoit une vingtaine de coups de téléphone de personnes nous offrant leurs condoléances. Ce chiffre tombe en dessous de cinq quand on est dans la vingtaine. Par contre, sur Facebook, le nombre de commentaires de condoléances peut dépasser la centaine.

On s’entend, le commérage n’a rien de nouveau, mais avec les médias sociaux, la rumeur se répand de manière exponentielle. Abstenez-vous donc d’annoncer la mort de quelqu’un sur un média social surtout quand le cadavre est encore tiède. Laisser à la famille le temps de digérer la nouvelle et d’en aviser ceux qui leur sont chers. C’est un processus pour la famille en deuil, et c’est une étape qui soulage un peu. Quand mon père est décédé, ma mère a téléphoné à la famille proche avant de passer aux amis de longues dates. L’appel pouvait durer cinq minutes comme il pouvait durer une demi-heure. Puis, elle est tombée sur une bonne amie qui avait déjà été mise au courant par la voisine. Cette dernière voulait bien faire, mais c’est frustrant  qu’une personne avait qui on possède un lien privilégié en soit informé par d’autres qui ne font pas partie de la famille proche.  Quand la nouvelle est rendue officielle par la famille, là, vous pouvez vous lâchez lousse. C’est sûr, vous n’aurez pas le scoop du village, mais au moins vous aurez fait preuve de respect envers la famille endeuillée. J’avoue que dans le cas de mon père, il était quelqu’un de connu par sa communauté et dans le milieu dans lequel il œuvrait. La preuve, la file au salon funéraire faisait deux cents mètres. D’ailleurs, brisons donc un mythe par rapport à cet endroit : cela existe des ambiances joyeuses au salon funéraire. Cela dépend des circonstances de la mort, j’en conviens, mais les gens se parlent et on en entend des vertes et des pas mûres concernant le mort. On revoit des gens qu’on avait perdus de vue, c’en est presque festif par moments. Si vous ne connaissez pas la personne exposée, mais connaissez un des membres de la famille proche, faites toute de même un petit saut au salon, ne serait-ce que pour dire « Bonjour » à votre ami. Parce que trois heures debout à serrer des mains d’une majorité que tu connais à peine, c’est long.

Bref, la prochaine fois que vous apprenez la mort de quelqu’un, usez de votre bon sens et gardez-vous une gêne, car, un jour, se sera vous la personne endeuillée.

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